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Yvette BAILLY

Voyage d'une semaine en Croatie

Croatia Republika Hrvatska

lien : http://fr.croatia.hr/

Du dimanche 23 juin 2002 au dimanche 30 juin 2002





Nous cherchions une destination "originale" (ni la France, ni l'Italie, ni l'Espagne) en bord de Méditérannée pour passer une semaine de vacances avec nos grands enfants (19 et 21 ans) fin juin. Nous souhaitions pouvoir y aller en voiture. Nous nous sommes décidés pour la Croatie, et vraiment, nous n'avons pas regretté notre choix.

C'est un pays très facile d'accès, les membres de l'Union européenne passent sans problème les frontières de la Slovénie et de la Croatie, sans inquiétude et sans attente, ce qui n'est pas le cas pour les camions par exemple. Au niveau de la langue, dans les lieux touristiques, les croates se mettent petit à petit à l'anglais ou à l'allemand, la monnaie est le kuna (1 kuna = 1 franc), dans certains lieux on peut payer aussi en euros. Le niveau de vie est équivalent à celui de l'Europe, les restaurants semblent un peu moins chers. Il y a de très nombreux campings bien aménagés et de très nombreuses chambres chez l'habitant. Les touristes (des allemands, des italiens, des slovènes, des tchèques, des polonais, des lettoniens…) sont, pour les croates, une véritable manne financière. Nous étions en Croatie la dernière semaine de juin, il n'y avait pas beaucoup de monde. Nous avons trouvé très facilement de la place en camping sans avoir réservé.



C'est un pays où on se sent en sécurité. Néanmoins, il reste quelques stigmates de la guerre : plusieurs monuments historiques et des habitations de la ville de Zadar portent des traces de balles. Dans la campagne, on trouve encore des maisons entièrement détruites, et des régions désertées ; il y a de très nombreux monuments aux morts, et des cimetières où les tombes sont récentes. Les routes sont maintenant en parfait état. Economiquement, ce pays reste un mystère pour nous qui sommes restés seulement une semaine et qui n'avons pas eu de contact avec la population. Le niveau de vie est élevé, l'agriculture en moyenne montagne paraît pauvre (on voit, sur les routes, des femmes souvent âgées qui vendent quelques légumes, un pot de miel, du fromage de fabrication artisanale….) La côte semble vivre aisément du tourisme. Il y a aussi de très importants chantiers navals, des installations industrielles et portuaires à Rijeka.


Partis à 6h30 de Lyon, nous avons pique-niqué à la hauteur de Venise, à 16 heures nous étions à Rijeka, (nous avons parcouru 850 kms, nous nous sommes relayés à 4 pour conduire). Le soir même, nous traversons l'immense pont de Krk et nous campons tout au bout de l'île de Krk. La mer est limpide, le paysage sauvage, le vieux village pittoresque, le repas de poisson grillé succulent. En ferry, nous traversons un bras de mer et nous allons visiter l'île de Rab et ses multiples églises. Nous rejoignons la côte avec un bac, et nous nous installons au camping du Parc National de Paklenica. Nous faisons une ballade de 8 heures (et 700 mètres de dénivelée) dans ce parc national réputé pour ses voies d'escalade. Iil y a des grimpeurs du monde entier qui viennent escalader. Les falaises qui donnent sur la mer sont grandioses et magnifiques. Nous allons ensuite visiter Zadar, belle ville blanche entourée de remparts. Cette ville et son architecture ont connu toutes sortes d'influences: grecque, romaine, vénitienne, ottomane, et communiste…

Nous quittons la côte pour nous enfoncer dans le pays et dans la montagne. Nous campons dans le parc national de Plitvice, en pleine campagne. Pendant toute une journée nous visitons ce parc naturel constitué d'une série de 8 lacs qui, par des systèmes de cascades, se déversent les uns dans les autres. C'est un véritable enchantement, au niveau des couleurs : on a toutes les nuances de bleu et de vert, au niveau du bruit : eau qui ruisselle, cascades qui se fracassent contre les rochers… Nous faisons le grand tour de 5 heures qui, comme souvent, nous éloigne des touristes. Le lendemain nous rejoignons la côte et, après une dernière baignade sur une plage de rochers à Senj, nous reprenons la route du retour. Partis de Rijeka à 16 heures nous arrivons sans entrave à 2 heures du matin à Lyon.
A titre indicatif, prix du séjour : 780 euros pour 4 personnes pour 6 jours (80 autoroute, 150 essence, 230 nourriture, 150 camping, 95 traversée, pont, bac, ferry, 50 entrée parcs naturels,)

Yvette BAILLY

La Croatie est dépaysement : nous avons repéré des Croates, sobres et fiers, des français dans les villes, des allemands sur les bars de bord de mer et des Italiens dans les virages sans visibilité. Mais surtout, dans les stations côtières, des dizaines de milliers de touristes Slovènes, Slovaques, Serbes, Tchèques et Polonais. Une atmosphère de premiers congés payés pour contremaîtres et chefs d'équipes. L'ascenseur social de la mondialisation est un toboggan vers la côte dalmate. Ils ont la peau blanche et flasque, surtout leur maillot de bain, façon Monoprix des années 58. Ils s'étendent à tour de rôle sur des dalles de béton de la taille d'un essuie-main. Ils fument et observent leur mégot couler dans le bleu de la mer. Ils sont avec mamy, papy, la vodka et la skoda. Ils fument et parlent, ils paraissent simples, ils paraissent heureux. En Croatie, roulez vers l'est, au delà de la bande côtière. Routes montagneuses étroites. Tout y est différent: des cailloux, des chèvres, des monuments aux morts pour la guerre, la dernière, celle d'il y a 5 ans, ils ont gardé les murs autour des trous d'obus. Du soleil, peu de vent, une tension, une fierté. Les murs en parlent, les silences aussi : rien n'est résolu d'avec les Serbes de l'autre coté du champ.

Guy de la Servette




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