Mercredi, dernier jour de ballade puis retour à Marrakech
Départ abrupt, ça monte tout de suite. Vraiment, heureusement que nous avions un guide, car les chemins sont mal tracés et, tout seuls, nous nous serions certainement perdus plus d'une fois.
Nous franchissons le col de Tizi Mzik. Nous frôlons du regard, pour la dernière fois, les cimes enneigées qui étincellent sous le soleil. L'air est pur, il fait très beau.
Nous croisons deux perdreaux, une pie et un rouge-gorge.
Et deux touristes à l'air triste, accompagné d'un beau guide quadragénaire.
500 mètres de dénivellée à la montée, 600 à la descente.
Nous traversons des champs de noyers en terrasses. Les arbres sont numérotés en fonction de leur propriétaire. Si des numéros sont différents, mais de même couleur, c'est que les arbres de la parcelle appartiennent à la même famille, mais à différents frères.
Mohamed réinvente le chemin, qui a été transformé par les colères débordantes de la rivière.
Nous passons en face du village de Mzik, abondamment parabolé, du fait de l'électrification récente.
Nous voici à Imlil, centre des treks en direction du Toubkal. On imagine que le village doit grouiller de 4 x 4 pleines de gaillards en grosses chaussures, en été.
On nous sert une tisane, en face du Club Alpin Français de Casablanca, refuge et camping. Nous conversons avec une Danoise qui vit dans la Drôme de maraîchage biologique. Elle s'offre ce voyage, seule, pour ses quarante ans. Tiens, tiens, décidément les femmes de cet âge-là ont la bougeotte !
Nous pensions mariner longtemps à Imlil, en transitant, en outre, par un noeud de communication routière. Mais non, nous avons retrouvé Mohamed Bouinbaden et quittons les deux Mohamed avec lesquels nous avons beaucoup partagé, ces quatre jours. Et Bouinbaden, qui connaît tout le monde, et qui nous accompagne, a harponné un jeune, qui nous a conduit avec, disons, beaucoup d'enthousiasme carburé, à Marrakech. Nous sommes assis à l'arrière du 4 x 4, et notre tête se cogne au plafond à chaque bosse un peu proéminente. La route, au début, a été emportée par une crue, et n'est toujours pas réparée, donc le voyage est mouvementé.
Quel contraste entre le village où nous avons passé la nuit, le silence de notre montée vers le dernier col, et le bouillonnement d'Imlil, puis de Marrakech !
Nous roulons devant un poste de gendarmerie et, soudain, le conducteur se calme et roule ... à 60 km/h ! Influence de l'uniforme ?
Nous nous retrouvons en ville, et dans notre hôtel Ali, où règne un joyeux bazar, comme d'habitude.
Le hall d'entrée, mal éclairé, sert de passage d'une rue à l'autre, comme une traboule à Lyon. Autant dire qu'il y a un grand trafic pédestre près de la réception.
Dans notre chambre spacieuse, avec baignoire, j'essaie tous les boutons et fais sauter les plombs. Evidemment, j'avais essayé de mettre en marche le ventilateur en même temps que l'éclairage normal. Me voilà punie de ma témérité, je redescends dire que j'ai fait une bêtise (on commence à me connaître, à la réception). Les chambres adjacentes sont également privées d'électricité, ainsi que la douche destinée à ceux qui utilisent le dortoir.
Un anglais fort poli me demande, en anglais bien sûr, si j'ai du courant dans notre chambre. Et moi, je déballe ma culpabilité. La panne est bientôt réparée.
Rodéric dort mal, cette nuit-là, gêné par trois maçons qui piquent la façade, en regard de la nôtre, à coups de burin. A cela, rien d'extraordinaire, si ce n'est que ça se passe aux alentours de 1 heure du matin. Nous nous sommes dit qu'ils se dépêchaient d'achever leur besogne avant l'Aïd.
Jeudi à Marrakech
Notre programme, pour nos deux derniers jours est résolument plus relâché. Encore qu'il n'a pas été bien stressant au début de notre séjour.
Nous allons visiter le PALAIS DE LA BAHIA. Le guide qu'un collègue m'avait prêté nous est utile pour comprendre la direction générale à prendre, mais nous ne sommes quand même pas sûrs du chemin, car les noms de rues ne sont pas indiqués, ou sont inscrits en arabe.
D'une façon générale, nous nous sommes dit que notre sens de l'orientation, pourtant assez aiguisé, pesait peu face au dédale des ruelles. Ceci dit, il est intéressant de s'extraire du centre même de la ville, de voir la vie de tous les jours se dérouler à son rythme, sans artifice, sans le lustre dont on la revêt pour les touristes.
Au Palais de la Bahia, nous retrouvons les hordes de personnes catapultées hors de leur bus, qui viennent consommer du monument. Et ça défile, et ça défile.
Nous admirons les plafonds en bois peint, qui étaient richement décorés car les gens se prélassaient souvent couchés, et leur regard avait donc tendance à caresser le plafond. Nous apprécions également les éléments en bois de cèdre, les stucs, les mosaïques. Rodéric, toujours très prosaïque, remarque que les princesses du palais n'avaient pas de placards.
Dans le jardin des concubines, nous sommes délicieusement assaillis par le parfum des fleurs d'oranger.
Rencontre avec Woody Allen (ou son sosie) , je ne sais plus comment on a entamé la conversation, mais toujours est-il qu'on poursuit le dialogue (en anglais) ainsi :
Lui : vous parlez bien l'anglais, madame.
Moi : c'est normal, c'est mon métier.
Lui : ah bon ? qu'est-ce que vous faites ?
Moi : je suis traductrice technique dans un cabinet de propriété industrielle.
Lui (tout de go) : ah bon ? j'espère que vous gagnez bien votre vie, parce que les avocats sont des gens très riches.
Moi : (moue neutre) j'ai un salaire moyen ; mais vous savez, ce ne sont pas vraiment des avocats qui travaillent en propriété industrielle, et puis, pour moi, l'argent n'est pas la valeur essentielle, dans la vie.
Lui : ah bon ? qu'est-ce que c'est, alors ?
Moi : le bonheur.
Lui : et est-ce que vous le connaissez ?
Moi : (re-moue, moins neutre cette fois-ci) oui, je le crois.
Là-dessus, sa femme se pointe, la conversation s'étiole, et nous allons plus loin échanger nos commentaires.
Rodéric est soufflé de l'approche on ne peut plus directe de ce bonhomme qui faisait vraiment penser à Woody Allen, par sa stature, ses lunettes, et par son aspect un peu souffreteux. "Non mais t'as vu, il ne te connaît absolument pas et, au bout de quelques secondes à peine, il te parle d'argent" !
N'étant pas pressés, nous naviguons de salle en cour, de cour en salle, échangeons quelques mots avec un couple qui voyage avec ses deux enfants de 18 mois et 5 ans, pour savoir comment ils s'en sortent, ce qu'ils arrivent à visiter avec leurs deux bambins qui, manifestement, aimeraient mieux être ailleurs. Pendant qu'on discute, le petit garçon de 5 ans commence à déchausser les tomettes du sol de la cour ...
Puis nous nous prenons au jeu de regarder les groupes passer. Rodéric ressent une attirance particulière pour des Coréens. Nous nous amusons beaucoup, disons "Gülé gülé" à des Turcs en leur racontant notre merveilleux voyage dans leur pays. Les Français se prennent très au sérieux. Les Coréens sont sérieux.
Tous les guides officiels portent djellaba proprette et babouches. Moi, j'aime bien écouter les commentaires des guides, mais il y en a un qui fait vraiment son cinéma, il en rajoute, il s'écoute parler.
Nous sortons du palais et nous retrouvons dans une rue brouillon, poussiéreuse et animée. Deux dames voilées circulent sur une mobylette. Mais ce moyen de locomotion n'est pas réservé aux femmes : nous prenons en photo un mouton, que son acheteur est en train d'installer sur le réservoir de sa mob. Apparemment pas stressée, la bestiole.
Vous vous doutez qu'on ne se caille pas, à 25°. Eh bien, un monsieur trouve cependant utile de circuler avec un gant de ski sur son engin pétaradant.
Nous traboulons (il ne faut pas perdre ses habitudes lyonnaises) à travers un magasin de plaques de verre et d'aluminium.
Nous voilà arrivés aux Tombeaux Saadiens, un mausolée d'une certaine dynastie. (Ne me posez pas trop de questions, je vous avais prévenus que je n'avais pas de culture générale !)
Au-dessus des tombes, une cigogne claque du bec. L'absence de téléobjectif rend la tentative de photo improbable, mais Rodéric brave l'impossible. Effectivement l'oiseau se voit sur le cliché, mais sans plus.
Nous dégustons notre pique-nique dans notre chambre d'hôtel et nous régalons avec des avocats : eux au moins, ils ont été cueillis mûrs, pas comme ceux que l'on trouve en France.
Nous achetons aussi une boîte de Vache Qui Rit, fabriquée au Maroc. Sur le couvercle de la boîte, on voit qu'on peut participer à un jeu. Et devinez ce qu'on peut gagner ? Comme chez nous, une télé, un ordinateur, une console Nintendo. Mais là où ça diffère, c'est qu'on peut également gagner une machine à laver (chez nous, ce n'est pas un équipement qu'on proposerait), ou un pélerinage à la Mecque (symbolisé par la représentation d'un avion et de la pierre noire de la Ka'ba).
Notre chambre donne sur les terrasses d'en face. Un mouton y attend son destin en bêlant (va-t'on le sacrifier devant nos yeux, demain ? nos oreilles vont-elles entendre sa fin ?). Au bout d'un moment, quelqu'un l'a déplacé hors du soleil, pour qu'il ne pré-cuise pas, sans doute.
Notre chambre est agréable, car on peut y faire des courants d'air. Nous logeons maintenant sur la terrasse de l'hôtel et voyons même de la verdure, alors que nous sommes en plein centre ville : un pin d'un côté, tous les arbres du square Foucault de l'autre, plus la Koutoubia, la mosquée centrale de Marrakech.
En plein souk, notre oreille reconnaît la sonnerie d'un téléphone mobile. Les traditions se perdent ...
Je vous rapporte une des expressions utilisées par les marchands du souk : ils vous parlent de crédit berbère : tu paies la moitié tout de suite, et le reste maintenant. Les babouches sont "les Adidas du berbère", avec air climatisé (puisqu'elles sont ouvertes derrière).
Au creux de l'après-midi, nous allons prendre le bus pour visiter le jardin Majorelle. Les gens sont regroupés derrière l'abribus, là où il y a de l'ombre. Mais les meilleures places sont déjà prises.
Le chauffeur nous laisse aimablement à proximité du Jardin.
Près de l'entrée du Jardin, une pseudo étudiante en tourisme nous aborde et nous propose un sondage. Comme nous ne sommes exceptionnellement pas pressés, nous acceptons. Elle nous pose une question sur notre âge, et nous propose une tranche inhabituelle : 28-62 ans. Et elle nous demande si nous sommes mariés ou concubins. Nous hésitons, parce que nous ne nous rappelons plus quelle est notre situation maritale ...
(mais non, je blague).
Là, je fais une pause généalogique pour vous donner une petite explication. Le peintre Majorelle, qui a conçu son jardin exotique, était le grand-père de ma belle-soeur, qui a vécu au Maroc jusqu'à son adolescence. Nous avions donc une motivation personnelle pour aller visiter les lieux.
Actuellement, c'est Yves Saint Laurent qui est propriétaire de l'enceinte, et qui laisse les amateurs de verdure s'y reposer et s'y promener, moyennant droit d'entrée. Les bâtiments et éléments de décoration sont d'un bleu très vif,le bleu Majorelle et c'est magnifique.
Nous pensions que le jardin serait plus fleuri, surtout que nous y étions à une saison pas encore trop sèche.
Mais les plantes sont intéressantes. Malheureusement, les bambous portent les noms d'amoureux au stylet meurtrier.
Le Jardin abrite visiblement pas mal de couples de jeunes Marocains qui viennent roucouler et déambuler, à l'abri du regard de leurs parents.
A la sortie du Jardin, nous photographions la Pharmacie-Laboratoire Majorelle, pour la montrer à notre belle-soeur et à son fils.
En rentrant du Jardin Majorelle, nous abordons le centre intra muros par le Nord, et allons enfiler tout un axe de souks. Là encore, notre sens de l'orientation est mis à mal. Je m'adresse, dans la foule, à une jeune femme accompagnée de ses deux enfants, pour vérifier si nous progressons dans la bonne direction. Elle a été
CHAR-MANTE. Elle se rendait chez son père, en préparation de la fête du lendemain. Justement, il était dans la rue, à l'attendre, pour accueillir son petit fils. Il ne nous a pas adressé un mot ni un regard, pourtant il était évident que nous étions "avec" sa fille.
Elle était très souriante, aurait voulu nous montrer tous les beaux coins de sa ville, insistant pour dire que tout le monde ne vivait pas dans des ruelles sales.
Si l'Aïd El Kébir n'avait pas eu lieu le lendemain, elle nous aurait sans doute volontiers consacré du temps, quel dommage ...
Dans le souk que nous traversons, nous commençons à prévoir les cadeaux que nous allons acheter : objets en bois avec incrustations de marqueterie, objets d'Agadès, que Rodéric reconnaît immédiatement, petits miroirs auxquels on a accès en ouvrant deux battants, ornementés de motifs peints. Nous passons devant deux échoppes de teinturiers, mais manquons le "souk des babouches".
Il y beaucoup de monde dans les rues, tellement que nous arrivons, au niveau de la Place centrale, dans un goulot d'étranglement, aggravé par trois voitures qui essaient d'avancer, noyées dans la foule. Une densité incroyable. Tout d'abord, avec Rodéric, nous nous faufilons dans une boutique, pour attendre que le flot passe. Une femme, à côté de moi, m'explique qu'elle est enceinte de huit mois et ne peut pas risquer de passer. Elle fera donc un long détour à la place.
Voyant que la marée ne tarit pas, nous nous décidons à "y aller", et nous collons chacun derrière une mama dodue qui fraie le passage. Pas très agréable, tout ça. Il ne faut pas penser, dans ces cas-là, à ce qui pourrait se passer si la foule paniquait.
De retour chez Ali, (notre hôtel), nous déplorons que le square Foucault soit continuellement fermé, et comprenons mal l'utilité d'avoir un jardin public inaccessible.
Près de notre hôtel, un cinéma propose, à l'affiche, un film indien ; le cinéma du sous-continent connaît un succès grandissant dans tous les pays arabes, d'ailleurs. Le titre du film : "Kush kush hota haï". Prononcez-le, vous ne le trouvez pas rigolo ? "Couche couche hotte à ail".
Nous ne résistons pas aux pâtisseries arabes proposées en bas de notre hôtel, mais leur prix nous impose des limites. C'est cher, ces petites saloperies, quel dommage. Il faut dire qu'elles représentent un sacré travail, et contiennent des ingrédients coûteux : amandes, noix, miel.
Le soir, nous sortons dîner au restaurant. Comme c'est la fête le lendemain, il y a beaucoup de monde, un peu comme lors du 8 décembre dans la région lyonnaise. Du coup, les femmes et les enfants sortent, et l'atmosphère est très joyeuse. Quelle heureuse initiative nous avons eue de choisir justement cette semaine-là !
Vendredi 17 avril 2000, Aïd El Kébir à Marrakech
Dès 10 heures du matin, nous entendons, sur la Place Djema El Fna, les joueurs de musique, dont le son rappelle celui du biniou.
Sur la Place circule une charrette, qui vient chercher toutes les demi-oranges vides qui ont servi à faire les litres de jus d'orange frais qui sont avalés en ces lieux.
Nous décidons d'aller dans les souks, vides ce matin, pour essayer de nous repérer. Effectivement, tout est fermé, et nous ne croisons pratiquement que des touristes.
Des aiguiseurs de couteaux s'activent, faisant tourner leur roue de la jambe droite, et affûtant les lames de la main gauche.
De par les rues, des têtes et des pattes de moutons grillent sur des sommiers. Retenez l'idée du sommier pour votre prochain méchoui. Vous voyez bien, tous les objets peuvent avoir une double utilité !
Un Marocain nous demande un cigare, carrément. "Man kifch" lui répond Rodéric (je ne fume pas).
A un moment, nous sommes au coeur d'une très longue galerie, entièrement vide, pas très éclairée car recouverte de tôle ondulée. Ca fait un peu coupe-gorge et, en un éclair de seconde, nous commençons à nous dire qu'on est peut-être un peu imprudents, mais sans nous l'avouer l'un à l'autre. Nous pressons automatiquement le pas, et rien ne nous est arrivé, rassurez-vous. Mais l'atmosphère générale, particulièrement sanguine ce matin-là, a sans doute contribué à nous filer la chair de poule (pas d'ovin) quelques petites secondes.
Pour enchaîner sur quelque chose de plus appétissant, je déguste une tagine, cuite de façon très saine et donc facile à digérer. Miam miam.
Nous avons attendu que les magasins ouvrent à nouveau, vers le milieu de l'après-midi, et nous sommes lancés à l'assaut des boutiques, en feuilletant dans nos têtes "le manuel du parfait marchandage". Il faut y aller franco, prendre cela comme un jeu, et puis se dire surtout que, si l'on ne marchande pas, on se fait avoir jusqu'à l'os par des Marocains qui demandent systématiquement trois fois le prix qu'ils veulent retirer de la vente. Nous avions beaucoup de cadeaux à ramener, et donc beaucoup d'occasions de négocier.
Le marchandage a échoué sur deux articles : des poupées aux vêtements traditionnels (poupées de collection) et les miroirs dont j'ai parlé plus haut. Là, nous avancions des prix inacceptables pour nos interlocuteurs, qui ne nous ont pas couru après, comme le veut la tradition, lorsque nous nous sommes en allés.
Lorsque nous nous montrions "trop" fermes, on nous disait : "mais, vous êtes Bretons !" Auraient-ils la réputation d'être pingres, même au Maroc ?
Nous nous faisons appeler respectivement "gazelle" et "gazou".
Nous avons acheté pas mal de poteries (plats, bols ...) auprès de deux étudiants de 20 et 22 ans, oncle et neveu respectivement. Nous avons corrigé le français du plus riche des deux, fils du commerçant dans la boutique duquel nous nous trouvions, pour lui expliquer qu'on ne disait pas "prix grobal", mais "prix global".
Nous avons pénétré dans une échoppe de plantes médicinales, où j'ai acheté du khôl, pour mes yeux de biche, et des colliers de fruits d'eucalyptus odorants, un délice.
J'ai trouvé ça rigolo, de tutoyer systématiquement tous les commerçants.
Comme c'est le soir de la fête, tout le monde se promène dans les rues piétonnes du centre. Du coup, on voit apparaître les femmes, les enfants, tout le monde se tient par la main et il règne une atmosphère joyeuse.
A propos d'enfants, nous avons remarqué qu'aucun enfant ne suce son pouce. Est-ce parce que les enfants sont sevrés plus tard qu'en France, au Maroc ?
Notre dîner, ce soir-là, est mauvais et cher. Un serveur, heureusement pas le nôtre, semblait sorti d'un film de Laurel et Hardy : il était enrhumé et éternuait, toussait sur les plats qu'il transportait, s'essuyait le nez. Une vraie mise en scène burlesque. Ca aurait fait une excellente publicité pour les médicaments qui sont censés enrayer les rhumes.
En sortant du restaurant, nous remarquons deux longues files d'attente (une pour les hommes, une pour les femmes) au guichet de vente de médicaments de nuit.
Samedi, jour du retour, dernier jour à Marrakech
13 h 30, une Fiat Punto insignifiante vient nous chercher à l'hôtel, pour rejoindre l'aéroport. Dernières visions de cette ville où l'on ne s'ennuie pas.
Juste après nous débarque, d'une étincelante Limousine arborant l'inscription de La Mamounia, l'hôtel de luxe du coin, un couple de Parisiens sortis tout droit d'un catalogue Cyrillus. Ils n'oublient pas de demander que le porteur prenne bien leurs clubs de golf. Monsieur et Madame De Reudeudeu attendront comme les autres leur avion qui est en retard, non sans être passés par la boutique hors taxes.
A l'aller, nous avions 30 kg de bagages (pensez au poids des Pomme d'Api !). Au retour, nous en avons 25. Ce sont tous les livres et les vêtements que nous avons abandonnés.
Nous allons trembler tout le voyage pour nos poteries, dont les plus petites ont été enroulées de T-shirts, pantalons, etc., et glissées dans la valise entre deux duvets. Pas de casse en fin de compte !
Nous allons nous asseoir dehors, à l'ombre d'arbres inconnus, humer une dernière fois le vent chaud en nous disant qu'il faut bien profiter de la chaleur.
Puis nous rentrons dans le bâtiment, effectuer les formalités, et admirons la ligne élancée du Concorde, stationné sur la piste de l'aéroport de Marrakech Ménara.
Nous retrouvons des passagers, déjà croisés à l'aller ou rencontrés à l'hôtel ou au café.
Et c'est à 800 km/h, à 9000 mètres d'altitude, que nous filons retrouver nos chers bambins.